sans titre

Corps, en guise de page blanche

Mon corps, blanc, papier, fragile.

Des formes, des mots, s’écrivant sur ma peau

Qui écrit ?

Les mots, calligraphies sans auteur défini, s’alignent,

Dessinent et dansent.

Ma peau, papier offert à l’écriture

Mais qui donc écrit ?

Des mots, des phrases, des sons transfigurés

Venus d’avant, d’ailleurs, histoire millénaire

Anticipant demain, futur infini.

Ainsi s’écrit l’histoire sur mon corps-peau-papier

Histoire qui est mienne et autre à la fois,

D’un passé incarné inconnu

D’un futur dessiné non encore advenu

D’un présent réfuté et pourtant si réel.

Fulgurance des anges.

Publicités

La fin et le commencement

Dieu est mort.

Enfin.

 

La mer est démontée,

La terre s’est ouverte,

Son ventre brûle, hurle, crache du feu.

 

Enfin c’est arrivé.

Les rivières roulent et se bousculent,

Ravinent les pistes

Choquent les pierres.

Et le vent emplit tous les silences,

Ceux-là mêmes que nos mensonges avaient fabriqué.

 

Dieu est mort,

Parce qu’il n’était qu’une immonde supercherie cherchant à justifier l’infamie et asseoir le pouvoir illégitime.

 

Quant à nous, misérables et inconscients,

Il nous faudra du temps pour que nos sales gueules ébahies voient enfin la beauté du monde,

Acceptent de n’en être seulement que d’infimes particules, chanceuses d’être encore là, nullement essentielles à la vie.

Glisser

Je m’accroche

Oh oui ça ….

Je m’accroche

Parce qu’il y a écrit 

« Tiens bon »

Alors

Je tiens bon 

Mais il y a un problème 

Parce que je saigne

Putain

Je saigne

 

Alors dis 

Mais dis-moi

Tu y crois vraiment toi?

Qu’il faut tenir bon?

Parce que glisser

Tu sais?

Glisser

C’est bon aussi

De gliiiiissssser

Moi je crois que je voudrais bien 

Gliiiisssser 

Mais ……….. je saigne

Alors….

Ça ne va plus coaguler

 

Oh dis

Mais dis-moi 

C’est quoi tout ce silence?

J’ai mal au crâne 

De tout ce silence

Y’a plus d’air

Dans le silence 

Ailleurs

Doux errements nocturnes

De mes balades en eaux profondes

Là où des créatures étranges 

Chuchotent une langue inconnue

Là où des nymphes blanches

Se pâment nues sous la lune

Je cours au vent tiède

La peau brûlante et humide 

Dénouant les toiles du réel 

En espérant mieux me perdre.