Sans parenthèse

J’ai éclairé le vestibule, la chambre, le couloir. Et c’est en fermant la porte pour la dernière fois que j’ai senti ce poids devenu étranger, celui-là même qui avait fait courber et plier et se rompre mes lignes. Mes ailes atrophiées, ankylosées jusqu’à disparaître, lestées d’un poids m’arrachant des cris étouffés, la voix brisée, étrangère elle-aussi.

Je vais m’envoler, quitte à plonger de temps en temps dans des tempêtes de sentiments confus, rouler ma langue dans la sienne, les mains tenues, les yeux perdus, juste pour arracher un sourire.

Effacées les parenthèses de ces voix extérieures que je croyais miennes. Au bord de la rivière, j’écoute mes eaux profondes et peins mes sillons à l’encre noire, sans plus attendre de réponse.

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sans titre

Corps, en guise de page blanche

Mon corps, blanc, papier, fragile.

Des formes, des mots, s’écrivant sur ma peau

Qui écrit ?

Les mots, calligraphies sans auteur défini, s’alignent,

Dessinent et dansent.

Ma peau, papier offert à l’écriture

Mais qui donc écrit ?

Des mots, des phrases, des sons transfigurés

Venus d’avant, d’ailleurs, histoire millénaire

Anticipant demain, futur infini.

Ainsi s’écrit l’histoire sur mon corps-peau-papier

Histoire qui est mienne et autre à la fois,

D’un passé incarné inconnu

D’un futur dessiné non encore advenu

D’un présent réfuté et pourtant si réel.

Fulgurance des anges.

La fin et le commencement

Dieu est mort.

Enfin.

 

La mer est démontée,

La terre s’est ouverte,

Son ventre brûle, hurle, crache du feu.

 

Enfin c’est arrivé.

Les rivières roulent et se bousculent,

Ravinent les pistes

Choquent les pierres.

Et le vent emplit tous les silences,

Ceux-là mêmes que nos mensonges avaient fabriqué.

 

Dieu est mort,

Parce qu’il n’était qu’une immonde supercherie cherchant à justifier l’infamie et asseoir le pouvoir illégitime.

 

Quant à nous, misérables et inconscients,

Il nous faudra du temps pour que nos sales gueules ébahies voient enfin la beauté du monde,

Acceptent de n’en être seulement que d’infimes particules, chanceuses d’être encore là, nullement essentielles à la vie.

Glisser

Je m’accroche

Oh oui ça ….

Je m’accroche

Parce qu’il y a écrit 

« Tiens bon »

Alors

Je tiens bon 

Mais il y a un problème 

Parce que je saigne

Putain

Je saigne

 

Alors dis 

Mais dis-moi

Tu y crois vraiment toi?

Qu’il faut tenir bon?

Parce que glisser

Tu sais?

Glisser

C’est bon aussi

De gliiiiissssser

Moi je crois que je voudrais bien 

Gliiiisssser 

Mais ……….. je saigne

Alors….

Ça ne va plus coaguler

 

Oh dis

Mais dis-moi 

C’est quoi tout ce silence?

J’ai mal au crâne 

De tout ce silence

Y’a plus d’air

Dans le silence