Soleil noir

Je sais avec certitude

qu’au noir qui s’installe autour de moi

et à la nuit qui m’enlace

le soleil se couche

et pourtant

de sa lumière mourante

il me caresse encore.

Je n’ai ni terre, ni racines,

seule la sève coule en moi.

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Glisser

Je m’accroche

Oh oui ça ….

Je m’accroche

Parce qu’il y a écrit 

« Tiens bon »

Alors

Je tiens bon 

Mais il y a un problème 

Parce que je saigne

Putain

Je saigne

 

Alors dis 

Mais dis-moi

Tu y crois vraiment toi?

Qu’il faut tenir bon?

Parce que glisser

Tu sais?

Glisser

C’est bon aussi

De gliiiiissssser

Moi je crois que je voudrais bien 

Gliiiisssser 

Mais ……….. je saigne

Alors….

Ça ne va plus coaguler

 

Oh dis

Mais dis-moi 

C’est quoi tout ce silence?

J’ai mal au crâne 

De tout ce silence

Y’a plus d’air

Dans le silence 

Ailleurs

Doux errements nocturnes

De mes balades en eaux profondes

Là où des créatures étranges 

Chuchotent une langue inconnue

Là où des nymphes blanches

Se pâment nues sous la lune

Je cours au vent tiède

La peau brûlante et humide 

Dénouant les toiles du réel 

En espérant mieux me perdre.

Devenir

Il est des ruines si belles

Que ce serait un sacrilège de vouloir les effacer

Tant leur décadence rappelle qui nous sommes.

Maudite soit la beauté aseptisée.

Moi je préfère le visage sillonné du vieillard abîmé

Le fruit tordu d’avoir trop bu le soleil

La maison chancelante qui abrite les anges.

Parfaites traces de la vie,

De ses erreurs et de ses doutes

De ses peurs et ses grands voyages

Car j’aime mes rires comme mes larmes

Mon immortelle mélancolie

Vous direz peut-être que c’est nostalgie

Je vous dirai que je suis simplement en vie

Car je suis ce qu’ils étaient

Et j’ouvrirai encore des chemins déjà empruntés

Guidée par des voix inconnues

Enivrantes et angoissantes.

Maudite soit la beauté aseptisée

Les devenirs déjà tracés

Les demeures séparées du bon, du beau et du mauvais

L’un est multitude et nuée de possibles

Sentiments bigarrés de joie, de haine et de plaisir

Etre libre n’est rien d’autre que se sentir en vie

Alors brûlons au bûcher de la vie.

 

 

 

Délices

Les mains s’agitent, impatientes

Et le corps devient douloureux

Happé par cet autre corps 

Cette puissance sauvage

Au souffle qui résonne 

A la peau qui suinte

Ce corps lourd

Prêt à bondir

Juste à portée

Alors,

Le désir s’impatiente 

Il cogne aux parois du ventre et brûle le sexe

Les jambes croisent, décroisent

Délice cruel de caresses impossibles

Quand les images se déchaînent 

Se fracassent sur le récif charnel

Rythmées par le désir inassouvi.